NEW YORK — L’Afrique doit-elle continuer à exporter ses matières premières sans en capter toute la valeur ? À New York, Miguel Kashal Katemb a porté le débat sur le contenu local et la transformation des ressources africaines au cœur des discussions sur l’avenir de l’économie minière du continent.
Auteur de l’ouvrage Le développement de l’Afrique au travers du contenu local : cas de la République démocratique du Congo, Miguel Kashal Katemb est intervenu à une conférence organisée par l’Atlantic Council, en marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies.
Placée sous le thème « L’avantage de l’Afrique : créer de la valeur nationale dans une économie minière mondiale », la rencontre a réuni plusieurs personnalités autour d’un enjeu central : comment permettre aux pays africains de mieux tirer profit de leurs ressources naturelles ?
De l’exportation à la transformation
Aux côtés de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo et de Frank Garcia, Miguel Kashal Katemb a défendu une approche fondée sur le développement du contenu local.
Pour l’intervenant congolais, l’enjeu consiste à faire évoluer le modèle économique africain, encore largement marqué par l’exportation des matières premières, vers davantage de transformation locale et de création de valeur sur le continent.
Cette orientation suppose notamment de développer les capacités nationales, de renforcer la participation des entreprises locales et de favoriser l’émergence d’un tissu industriel capable de s’insérer durablement dans les chaînes de valeur minières.
Le contenu local comme instrument de souveraineté économique
À travers cette réflexion, le contenu local apparaît comme un outil dépassant la seule question minière.
Il touche à la création d’emplois, au développement des compétences, à la montée en puissance des entreprises nationales et à la capacité des États africains à conserver une part plus importante de la valeur générée par leurs ressources.
Dans le cas de la RDC, cette question revêt une importance particulière compte tenu du poids stratégique du secteur minier dans l’économie nationale.
Miguel Kashal Katemb a ainsi mis en avant la politique de souveraineté économique du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’il a présentée comme une orientation permettant de renforcer la capacité du pays à mieux valoriser ses ressources.
La RDC au cœur du débat africain
Le choix de New York donne une portée particulière à cette réflexion.
En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le débat sur le contenu local rejoint celui, plus large, sur la place de l’Afrique dans l’économie mondiale et sur sa capacité à transformer ses avantages comparatifs en véritables capacités productives.
Pour la RDC, l’enjeu est également stratégique : disposer d’importantes ressources minières ne suffit pas à garantir que la valeur économique qui en découle bénéficie pleinement à l’économie nationale.
Le débat porté à New York pose donc une question centrale : comment passer d’une Afrique exportatrice de ressources à une Afrique productrice, transformatrice et créatrice de valeur ?
Un plaidoyer pour changer de modèle
À travers son intervention, Miguel Kashal Katemb a ainsi prolongé une réflexion développée dans son ouvrage consacré au contenu local en Afrique et particulièrement à l’expérience congolaise.
Son message à New York s’inscrit dans un débat continental désormais centré sur la transformation des ressources naturelles, le développement industriel et la capacité des États africains à construire des chaînes de valeur locales.
L’objectif affiché est de faire du secteur minier non seulement une source de revenus, mais également un moteur de développement économique, industriel et humain.
À New York, le plaidoyer de Miguel Kashal Katemb aura ainsi replacé la RDC dans une réflexion plus large sur l’avenir du modèle minier africain : ne plus seulement extraire et exporter, mais transformer, créer de la valeur et renforcer les capacités nationales.





























