GENÈVE — La diplomatie congolaise poursuit son offensive sur les questions de droits humains au sein des enceintes multilatérales genevoises. À la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme, la République démocratique du Congo a porté une position articulée autour d’un enjeu central : passer de la lutte contre les stéréotypes de genre à la remise en cause des mécanismes structurels qui entretiennent les discriminations.
Cette intervention s’inscrit dans la dynamique portée par la Mission permanente de la RDC auprès de l’Office des Nations unies et des institutions spécialisées à Genève, sous le leadership de S.E.M. Paul Empole Losoko Efambe, Ambassadeur et Représentant permanent.
Au cours de la discussion annuelle consacrée à l’intégration d’une perspective de genre dans le travail du Conseil des droits de l’homme et de ses mécanismes, la délégation congolaise a défendu le thème : « Des stéréotypes de genre à la discrimination structurelle : renforcer la réponse du Conseil des droits de l’homme ».
Serge Ndaie Musenge porte la voix congolaise
C’est Serge Ndaie Musenge, Ministre Conseiller à la Mission permanente de la RDC, qui a présenté la déclaration congolaise.
Dans son intervention, la RDC a salué le choix du thème et souligné que les stéréotypes de genre ne constituent pas uniquement des représentations culturelles. Selon la position présentée par la délégation congolaise, ils peuvent contribuer à maintenir des barrières juridiques, économiques et sociales qui limitent l’égalité effective.
Kinshasa a ainsi appelé à dépasser une approche centrée uniquement sur les comportements individuels pour examiner les structures qui produisent et reproduisent les discriminations.
La délégation congolaise a également mis en avant la masculinité positive comme levier stratégique de gouvernance, en lien avec les efforts engagés au niveau national pour renforcer les réformes législatives, l’accès des femmes aux espaces de décision et leur autonomie financière.
De la déclaration aux mécanismes internationaux
L’intervention congolaise ne s’est toutefois pas limitée à présenter les efforts nationaux. Elle a également formulé des propositions concernant le fonctionnement des mécanismes internationaux de protection des droits humains.
La RDC a notamment appelé le Conseil des droits de l’homme à intégrer systématiquement l’analyse des discriminations structurelles dans l’Examen périodique universel (EPU).
Kinshasa a également plaidé pour une évolution des instruments d’évaluation, afin que les indicateurs utilisés permettent de mesurer non seulement les engagements pris par les États, mais aussi les effets concrets des politiques publiques en matière d’égalité de genre.
Cette position traduit une volonté de contribuer au débat multilatéral sur l’efficacité des mécanismes internationaux de protection des droits humains.
Une diplomatie congolaise active à Genève
Cette intervention de Serge Ndaie Musenge illustre plus largement le rôle joué par la Mission permanente de la RDC dans les travaux du Conseil des droits de l’homme.
Sous leadership de Paul Empole Losoko Efambe, la représentation congolaise cherche à inscrire les priorités nationales dans les différents espaces du multilatéralisme genevois, tout en participant aux discussions qui façonnent les normes et les mécanismes internationaux.
La question du genre vient ainsi compléter d’autres dossiers portés par la diplomatie congolaise à Genève, notamment la prévention des violences sexuelles liées aux conflits, la protection des victimes, la santé, l’environnement et les enjeux liés aux ressources naturelles.
La co-présidence congolaise de l’Alliance internationale sur la prévention des violences sexuelles liées aux conflits (PSVI) constitue à cet égard un autre exemple de cette présence active.
À travers ces différentes initiatives, la RDC cherche à faire de Genève un espace où elle ne se contente pas de participer aux débats, mais où elle porte des propositions, défend ses priorités et contribue à l’agenda multilatéral.
L’intervention de Serge Ndaie Musenge sur les discriminations structurelles s’inscrit dans cette démarche : faire entendre la position congolaise dans les enceintes internationales et promouvoir une conception des droits humains fondée sur l’égalité, la dignité et l’effectivité des politiques publiques.
Pour la Mission permanente, l’enjeu est désormais de maintenir cette capacité d’initiative sur les différents dossiers qui concernent directement la RDC et de renforcer la place de la diplomatie congolaise dans le système multilatéral genevois.





























