KINSHASA — La République démocratique du Congo franchit un nouveau cap dans sa stratégie d’industrialisation. Le pays comptait, en 2025, 1 226 unités industrielles, dont 1 014 opérationnelles, contre 525 unités opérationnelles en 2017, selon les chiffres présentés par le ministre intérimaire de l’Industrie, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, le 30 septembre 2026 à Kinshasa, à l’ouverture du Forum national sur la sécurité industrielle.
Selon le ministre, cette progression s’inscrit dans la politique industrielle impulsée sous le leadership du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et mise en œuvre par le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
De 525 à 1 014 unités : un tissu industriel en expansion
Le passage de 525 unités opérationnelles en 2017 à 1 014 en 2025 représente une progression de près de 93 % selon les chiffres communiqués par le gouvernement.
Pour Kinshasa, cette évolution traduit une reprise progressive de l’activité industrielle et une volonté de renforcer la production nationale. Le gouvernement cherche notamment à encourager les opérateurs économiques à passer du modèle fondé principalement sur l’importation à celui reposant davantage sur la production et la transformation locales.
Cette orientation répond à un double objectif : réduire la dépendance à certains produits importés et accroître la valeur ajoutée créée sur le territoire national.
Mais le nombre d’unités industrielles ne constitue qu’un indicateur. La capacité de ces entreprises à produire régulièrement, à rester compétitives et à accéder à l’énergie, au financement et aux marchés sera déterminante pour mesurer la solidité de cette dynamique.
Les zones économiques spéciales au cœur de la stratégie
Le gouvernement mise également sur les Zones économiques spéciales (ZES) pour accélérer cette transformation.
Les zones de Maluku et Kin-Malébo illustrent cette orientation avec des unités actives ou en phase de lancement dans plusieurs secteurs : agro-industrie, produits d’hygiène, matériaux de construction, boissons ou encore textile.
Ces espaces doivent progressivement devenir des pôles capables de concentrer investissements, infrastructures, production et emplois.
La question des compétences accompagne cette stratégie. Le gouvernement envisage notamment le développement de Centres de Formation aux Métiers Industriels, destinés à rapprocher la formation professionnelle des besoins des entreprises.
L’objectif est ainsi de créer une chaîne cohérente : former, produire et employer localement.
Le défi désormais : une industrie compétitive et sécurisée
Le choix d’organiser le Forum national sur la sécurité industrielle intervient dans cette phase d’expansion.
La multiplication des unités industrielles pose en effet de nouveaux enjeux liés à la sécurité des travailleurs, à la prévention des accidents, à la protection de l’environnement et au respect des normes.
Pour la RDC, l’enjeu de la prochaine étape sera donc de transformer la croissance quantitative du tissu industriel en industrialisation durable.
Cela suppose notamment une amélioration de l’accès à l’électricité, des infrastructures de transport et de logistique, du financement, de la formation technique et du cadre réglementaire.
La diversification constitue également un enjeu majeur. Agro-industrie, matériaux de construction, biens de consommation, textile ou encore assemblage technologique pourraient permettre à la RDC de développer progressivement davantage de valeur ajoutée sur son territoire.
Avec 1 014 unités industrielles opérationnelles en 2025, selon les données communiquées par le ministère de l’Industrie, Kinshasa affiche désormais une ambition claire : faire de l’industrie un levier de transformation économique, de création d’emplois et de production locale.
Le prochain défi sera de consolider cette progression et de faire en sorte que les chiffres annoncés se traduisent durablement par davantage de production, d’emplois et de valeur ajoutée pour l’économie congolaise.





























