Quatre mois après la signature d’un accord de paix présenté comme historique, la guerre persiste dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans un entretien exclusif accordé à Jeune afrique, le président rwandais, Paul Kagame, adopte une position ferme et renvoie la responsabilité à Kinshasa, Washington et à la communauté internationale.
Le 4 décembre 2025, à la Maison-Blanche, Washington, un salon feutré accueillait les présidents rwandais et congolais. Monica Crowley, cheffe du protocole, préparait la scène pour la signature d’un « accord de paix et d’intégration régionale », censé stabiliser la région des Grands Lacs.
Mais, selon Kagame, les bonnes intentions ne suffisent pas. « N’attendez pas de moi que je lève nos mesures de défense alors que vous laissez Félix Tshisekedi faire ce qu’il veut », a-t-il déclaré, soulignant les frustrations de Kigali face à ce qu’il perçoit comme l’inaction ou l’incohérence des autorités congolaises.
Le président rwandais pointe du doigt la responsabilité de Kinshasa dans la persistance des conflits et appelle la communauté internationale à un engagement concret et équilibré. Selon lui, la paix ne peut être imposée unilatéralement : elle exige une coopération réelle et le respect des engagements par toutes les parties.
Cette déclaration révèle une ligne de fracture persistante entre les deux pays, malgré l’accord de décembre 2025. Elle met en lumière les tensions sous-jacentes qui continuent d’alimenter les violences dans l’est de la RDC et rappelle que les promesses diplomatiques, sans suivi opérationnel, peinent à transformer la réalité sur le terrain.
Pour Kagame, la sécurité régionale reste conditionnée par des actions concrètes et une volonté partagée. Sa position, ferme et sans compromis, illustre la complexité d’un processus de paix qui peine à dépasser les obstacles politiques et militaires.





























