Le football congolais a frôlé le chaos technique. Moins d’une semaine après les scènes de désolation qui ont émaillé le derby lushois entre le TP Mazembe et le FC Saint-Éloi Lupopo le 8 mars dernier, le stade de Kamalondo est en pleine métamorphose. Moïse Katumbi, président du club et mécène historique, a ordonné une remise en état « commando » des installations. L’enjeu dépasse la simple réparation matérielle : il s’agit de sauver la réception du quart de finale de la Coupe de la Confédération prévu ce 15 mars 2026.
Les dégâts documentés après le derby du 8 mars sont effarants : plus de 500 sièges arrachés, des installations techniques sabotées et une pelouse marquée par l’interruption prématurée de la rencontre. Dans un pays où les infrastructures sportives de standing international se comptent sur les doigts d’une main, le stade TP Mazembe restait, jusqu’à cet incident, le dernier rempart de l’homologation de la CAF en République Démocratique du Congo.
Si Moïse Katumbi a mis les bouchées doubles, c’est avant tout pour l’AS Maniema Union. Le club de Kindu, contraint de s’expatrier à Lubumbashi faute de stade homologué dans sa propre province, jouait son destin africain contre l’USM Alger. Une délocalisation de dernière minute, probablement vers l’Angola ou la Zambie, aurait été un désastre financier et sportif pour les représentants congolais. En finançant sur ses propres deniers une réparation express, Katumbi agit ici en garant de l’intérêt général du sport national.
Cet épisode tragique remet au centre du débat la question de la violence dans les stades. Comment un derby, censé être la fête du football katangais, a-t-il pu basculer dans un tel vandalisme ? Le sabotage d’un outil de travail aussi précieux que le stade de Kamalondo interroge sur l’éducation des supporters. Détruire le seul stade aux normes du pays revient à se tirer une balle dans le pied. La rapidité de la remise en état ne doit pas faire oublier la nécessité de sanctions exemplaires contre les auteurs de ces actes.
Le 15 mars 2026, lorsque les joueurs de Maniema Union et de l’USM Alger fouleront la pelouse, le stade devra être impeccable. Les inspecteurs de la CAF, particulièrement sourcilleux sur les conditions de sécurité et de confort, n’auraient pas hésité à retirer l’homologation au moindre manquement. Cette opération de réhabilitation est donc une opération de survie diplomatique pour la FECOFA (Fédération Congolaise de Football Association) qui ne peut se permettre de voir ses clubs recevoir leurs adversaires à l’étranger.
En moins de 72 heures, les équipes techniques ont dû remplacer les sièges, vérifier la connectivité média et sécuriser les tribunes. Ce tour de force démontre une fois de plus la capacité de gestion de l’administration Mazembe, capable de transformer un site de “sinistre” en une enceinte de compétition internationale en un temps record.
En conclusion, si le match de dimanche peut avoir lieu, le football congolais le devra à l’intervention privée d’un homme face à la défaillance d’une partie de son public. Cet événement doit servir de leçon : les infrastructures sont un bien commun fragile. Le sauvetage du stade TP Mazembe est une victoire de l’organisation sur le chaos, mais le véritable défi reste la sécurisation durable des rencontres pour que plus jamais un match ne soit interrompu par la bêtise humaine.






























