Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé une intensification de l’opération Ndobo début mars, visant à éradiquer les bandes urbaines connues sous le nom de « kuluna » dans la capitale Kinshasa et ses environs. Plus de 400 arrestations supplémentaires ont été officiellement recensées.
Les autorités présentent cette opération comme un succès en matière de sécurité publique, mettant en avant la neutralisation de groupes criminels impliqués dans des vols, agressions et extorsions. Selon le gouvernement, l’opération contribue à restaurer l’ordre dans les quartiers les plus affectés par la délinquance urbaine.
Cependant, des organisations de défense des droits humains et certains observateurs dénoncent des pratiques jugées problématiques. Des disparitions, des détentions arbitraires et un manque de procédure judiciaire dans certains cas continuent d’être signalés. Ces critiques s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions autour des libertés civiles à Kinshasa, où le Conseil National de la Cyberdéfense et la police sont régulièrement pointés du doigt pour des excès lors d’opérations ciblant des groupes urbains.
La multiplication des arrestations et les inquiétudes sur les méthodes employées placent l’opération Ndobo sous l’œil de la communauté internationale. Les observateurs craignent qu’une approche exclusivement répressive, sans mécanismes de contrôle et de recours, n’aggrave les tensions sociales et ne fragilise davantage la confiance des citoyens envers les forces de sécurité.
Si l’opération répond à un impératif de lutte contre la criminalité urbaine, elle illustre également la difficulté pour Kinshasa de concilier maintien de l’ordre et respect des droits fondamentaux. Le succès opérationnel revendiqué par le gouvernement pourrait se heurter à une contestation croissante si les pratiques controversées persistent, renforçant le débat sur la légitimité et la proportionnalité des interventions dans la capitale.






























