Kinshasa, ce 21 mars, l’opposant et ancien candidat à la présidence Delly Sessanga a haussé le ton. Face aux journalistes, il a dénoncé le projet de révision constitutionnelle porté par le camp présidentiel. Selon lui, cette réforme viserait à permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, en contournant les règles actuelles.
« Le projet proposé par la majorité remet le compteur de mandats à zéro. Il s’agit d’offrir à M. Tshisekedi la possibilité de rester au pouvoir indéfiniment. Nous nous y opposons fermement », a déclaré le président du parti Envol, Ensemble national des valeureux œuvrant pour la liberté.
Delly Sessanga accuse le gouvernement de profiter de la guerre dans l’Est pour justifier une dérive démocratique. « Le pouvoir instrumentalise ce conflit pour effacer les exigences démocratiques et entretenir un véritable business autour de cette guerre », a-t-il poursuivi.
L’opposant a avancé des chiffres frappants. « Depuis 2019, le pays a dépensé plus de 13 milliards de dollars dans cette guerre, sans victoire tangible. Ces ressources sont dilapidées. Et aujourd’hui, cette guerre sert de prétexte pour retarder les élections. »
Delly Sessanga a rappelé que, selon le calendrier électoral, il reste seulement 946 jours avant la convocation des scrutins. « Il n’y aura pas de glissement pour Monsieur Tshisekedi. Le peuple doit rester debout et vigilant », a-t-il insisté.
Il a appelé à un dialogue national pour mettre fin aux conflits dans l’Est. « Nous avons besoin d’un véritable processus de paix. La guerre nourrit des intérêts particuliers et freine la démocratie. Il est temps de protéger notre constitution et de garantir la tenue des élections dans les délais », a-t-il expliqué.
L’opposant a également répondu à Pascal Mulegwa, membre du camp présidentiel, qui défend le projet de réforme. « Il ne s’agit pas de débattre de réformes théoriques. Le peuple attend des solutions concrètes aux conflits et à la misère. Transformer la constitution pour prolonger un mandat n’est pas acceptable », a-t-il martelé.
Delly Sessanga a conclu en appelant à l’unité de l’opposition et à la vigilance citoyenne. « Nous devons préparer l’alternance en 2028. Défendre la constitution n’est pas une option, c’est un devoir. La démocratie ne peut pas être sacrifiée sur l’autel des ambitions personnelles », a-t-il insisté.
Le message est clair : pour l’opposant, toute modification constitutionnelle doit être exclue dans le contexte actuel. L’accent doit être mis sur la fin des conflits, la protection des institutions et la préparation des élections.






























