Une page de l’histoire politique congolaise se tourne. Catherine Nzuzi wa Mbombo est décédée ce mercredi 18 mars à Kinshasa. Elle avait 82 ans.
L’ancienne dirigeante s’est éteinte à la Clinique Ngaliema. Les circonstances exactes de son décès n’ont pas été rendues publiques. Son avocat, Jean-Pierre Nkombe, n’a pas donné plus de précisions.
Avec sa disparition, la République démocratique du Congo perd l’une de ses figures politiques les plus marquantes.
Très tôt, elle s’impose dans la sphère publique. À seulement 23 ans, elle devient bourgmestre de la commune de la Gombe, à Kinshasa. Une ascension rapide qui annonce une carrière exceptionnelle.
Au fil des années, Catherine Nzuzi wa Mbombo occupe plusieurs fonctions de premier plan. Elle est commissaire provinciale, puis vice-gouverneure de Kinshasa. Elle accède ensuite au poste de gouverneure du Bas-Zaïre, aujourd’hui Kongo Central, entre 1972 et 1974.
Elle dirige également la ville-province de Kinshasa en tant que gouverneure.
Proche du pouvoir sous le régime de Mobutu Sese Seko, elle joue un rôle clé au sein du Mouvement populaire de la révolution (MPR). Elle en devient vice-présidente, puis l’une des figures dirigeantes.
Dans les années 1990, lors de l’ouverture politique, elle reste influente. Elle occupe le poste de conseillère spéciale du chef de l’État jusqu’à la chute du régime.
Son engagement se poursuit après la transition. Elle participe au gouvernement issu des accords de Sun City, en tant que ministre des Affaires humanitaires.
En 2006, elle se lance dans la course présidentielle. Elle porte les couleurs du MPR lors du premier scrutin pluraliste du pays.
Au-delà de la politique, elle s’investit dans le social. Elle dirige plusieurs organisations dédiées à la promotion des femmes et à l’encadrement des commerçantes.
Pour beaucoup, elle incarne une génération de femmes pionnières. Une génération qui a ouvert la voie à la participation féminine dans les institutions.
À Kinshasa, les hommages se multiplient. Son parcours, long de plusieurs décennies, reste associé à l’histoire politique du pays.
Avec sa disparition, la RDC perd une voix influente et une actrice clé de son évolution politique.






























