Les parlementaires congolais reprennent le travail. Ce lundi 16 mars, les députés nationaux et les sénateurs se retrouvent au Palais du Peuple, à Kinshasa. La session ordinaire de mars s’ouvre après trois mois de vacances parlementaires.
Mais cette rentrée n’a rien d’ordinaire. Elle intervient dans un contexte politique et sécuritaire très sensible. Les violences persistantes dans l’Est du pays et plusieurs dossiers majeurs attendent les élus.
Les accords de paix au centre de la session
À la veille de cette rentrée parlementaire, les responsables des deux chambres ont rencontré le chef de l’État.
Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, et le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, ont été reçus par Félix Tshisekedi.
Au cœur de leurs échanges : le suivi des accords de paix signés à Washington.
Ces accords devraient occuper une place centrale dans les travaux parlementaires. Les élus devront examiner leur mise en œuvre et leur impact sur la situation sécuritaire du pays.
Selon la présidence, le Parlement est appelé à jouer un rôle important dans le suivi politique et institutionnel de ces engagements diplomatiques.
Budget et contrôle du gouvernement
La session ne sera pas seulement sécuritaire. Les parlementaires devront aussi se pencher sur plusieurs dossiers économiques et institutionnels.
Parmi les priorités figure l’évaluation de l’exécution du budget de l’État. Cette analyse trimestrielle permettra de mesurer la gestion des finances publiques.
Les députés et sénateurs auront également recours aux mécanismes classiques de contrôle parlementaire. Des questions orales pourront être adressées aux membres du gouvernement.
Objectif : évaluer l’action de l’exécutif et obtenir des explications sur certaines politiques publiques.
L’Est du pays reste sous tension
Cette session s’ouvre alors que la situation sécuritaire demeure très préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, plusieurs territoires restent sous l’influence de la rébellion M23.
Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir ce mouvement armé, ce que Kigali continue de contester.
Dans d’autres zones, la violence persiste. Les attaques attribuées aux rebelles Allied Democratic Forces continuent d’être signalées dans les territoires de Beni et Lubero, au Nord-Kivu, ainsi que dans certaines localités de l’Ituri.
Ces défis sécuritaires devraient alimenter de vifs débats au Parlement.
Ratification d’accords stratégiques
Les élus auront aussi à examiner plusieurs projets de loi importants.
Parmi eux figure la ratification de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda. Un autre texte concerne un partenariat stratégique signé entre la RDC et les États-Unis.
Ces projets ont été transmis au Parlement par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.
Pour la cheffe du gouvernement, ces accords doivent être débattus afin de permettre aux représentants du peuple d’en comprendre les enjeux et d’en informer la population.
La question de la Constitution relancée
Enfin, un autre sujet pourrait animer les discussions. Il s’agit du débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution.
Cette question revient régulièrement dans le débat politique congolais. Elle divise déjà plusieurs acteurs politiques et pourrait susciter de nouvelles discussions au Parlement.
Avec autant de dossiers sensibles à examiner, la session parlementaire de mars s’annonce intense et décisive pour l’avenir politique et sécuritaire du pays.






























