Un expert indépendant mandaté par les Nations unies doit présenter ce 25 mars, à Genève, son rapport annuel devant le Conseil des droits de l’homme, mettant en garde contre une « escalade autoritaire » au Mali.
Le rapport, rédigé par Eduardo Gonzalez, couvre la période d’avril à novembre 2025 et dresse un constat préoccupant de l’évolution politique du pays. Il met en avant un durcissement du régime de transition, caractérisé par l’adoption de lois jugées restrictives sur les activités politiques et une instrumentalisation de la justice.
L’expert souligne également le recours croissant à des formes de harcèlement judiciaire et extrajudiciaire à l’encontre de personnes perçues comme critiques du pouvoir, ainsi que des risques accrus pesant sur les organisations non gouvernementales.
Sur le plan sécuritaire, le document revient sur la persistance des violences menées par des groupes armés jihadistes et indépendantistes. Il pointe aussi des exactions attribuées à l’armée malienne et à ses partenaires, notamment le groupe Wagner puis l’Africa Corps.
Cette combinaison de violences contribue à une aggravation de la situation humanitaire, déjà fragile dans plusieurs régions du pays.
Le rapport insiste sur la réduction de l’espace civique, avec des contraintes croissantes sur les ONG, les médias et les acteurs politiques. Ces évolutions, selon l’expert, risquent d’affaiblir davantage les mécanismes de contrôle démocratique et de limiter les possibilités de dialogue politique.
Présenté dans le cadre de la 61e session du Conseil des droits de l’homme, ce rapport s’inscrit dans une série d’alertes internationales sur la trajectoire politique du Mali depuis la prise de pouvoir des autorités de transition.
Il met en lumière un double défi pour le pays : contenir une insécurité persistante tout en préservant les libertés fondamentales. À défaut, préviennent les observateurs, le risque est celui d’un isolement accru sur la scène internationale et d’une dégradation durable de la situation interne.




























