Le conflit a basculé dans une dimension apocalyptique après l’élimination confirmée par Tsahal d’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et figure de proue du régime iranien. Cette frappe chirurgicale, qui s’ajoute à celle ayant coûté la vie au chef des milices Bassidji, marque une volonté claire de décapiter l’appareil sécuritaire de Téhéran. En frappant ces cibles de très haute valeur, Israël et ses alliés américains ne visent plus seulement des infrastructures militaires, mais l’effondrement structurel du pouvoir iranien. La ferveur des funérailles nationales à Téhéran, où la foule réclame une « vengeance atomique », témoigne d’une rupture émotionnelle et politique qui rend tout retour en arrière illusoire.
La riposte iranienne a pris la forme d’une pluie de feu sur le cœur de l’État hébreu. CNN rapporte des images saisissantes de munitions à sous-munitions (cluster munitions) illuminant le ciel de Tel-Aviv, une stratégie de saturation destinée à submerger les systèmes de défense Dôme de fer et Fronde de David. Si la plupart des projectiles ont été interceptés, les retombées de débris et les impacts directs causent des dégâts psychologiques et matériels majeurs, forçant des millions d’Israéliens à vivre dans les abris. Parallèlement, le front libanais s’est embrasé avec une violence inouïe : une frappe israélienne sur le quartier de Zoqaq el-Blat, en plein centre de Beyrouth, a fait au moins 12 morts et des dizaines de blessés, pulvérisant un immeuble résidentiel à proximité des centres de pouvoir.
Sur le plan géopolitique, Donald Trump joue son va-tout en exerçant une pression maximale sur ses alliés. Face à un détroit d’Ormuz paralysé à 97 %, le président américain a lancé un ultimatum cinglant à l’OTAN, prédisant un « avenir très sombre » à l’alliance si les Européens ne s’impliquent pas militairement pour rouvrir cette artère vitale par laquelle transite 20 % du pétrole mondial. Cet isolement de la Maison-Blanche, que vous souligniez, se heurte au refus de Paris et Berlin d’entrer dans un conflit direct avec l’Iran, mais la réalité économique pourrait forcer les mains : avec un litre de gasoil dépassant les 2,10 € en France et un prix du gaz en hausse de 50 %, la pression des opinions publiques européennes face à l’inflation énergétique devient un levier que Washington compte bien exploiter.
L’Iran, de son côté, dénonce une « guerre américaine d’agression » et menace désormais de cibler toutes les infrastructures énergétiques du Golfe si le blocus de ses propres exportations se poursuit. Le risque d’un choc pétrolier pire que celui de 1973 est désormais pris au sérieux par la Fed, qui prédit une inflation « tenace et dévastatrice ». Pour Téhéran, l’enjeu est la survie du régime ; pour Trump, c’est la démonstration de la puissance brute de « l’Amérique d’abord ». Entre ces deux logiques de force, l’espace pour la diplomatie semble s’être réduit à peau de chagrin, chaque camp attendant de voir qui cillera le premier dans ce bras de fer autour du détroit d’Ormuz.
Ce 18 mars 2026 marque le début d’une phase de guerre de haute intensité où les frontières entre conflits locaux et déstabilisation mondiale s’effacent. L’élimination de Larijani a agi comme le détonateur final, transformant une série d’escarmouches en une confrontation directe dont personne ne peut aujourd’hui prédire l’issue, tant les stocks de munitions et la résilience des économies sont mis à rude épreuve. Le monde retient son souffle, scrutant la réaction des marchés asiatiques et la possible entrée en scène de la Chine comme médiatrice ou comme actrice indirecte de ce chaos.






























