Dans la commune de Bumbu, le marché Selembao, autrefois poumon économique vibrant, est aujourd’hui à l’agonie. Entre immondices accumulés, eaux stagnantes et pratiques illicites, les clients désertent massivement les étals.
Sur place, l’odeur nauséabonde et le silence inquiétant remplacent les cris des vendeurs et les négociations animées. Les allées, transformées en bourbiers, rendent l’accès difficile, tandis que les étals luttent pour émerger d’un océan de déchets.
Les commerçants pointent du doigt des infrastructures défaillantes. Selon eux, la vétusté du réseau de distribution d’eau de la REGIDESO est en partie responsable. Après des années de pénurie, le rétablissement de l’eau a provoqué la rupture de plusieurs conduites détériorées. Résultat : des fuites permanentes, des mares stagnantes et des inondations qui paralysent le marché.
Mais le problème ne se limite pas aux tuyaux. Le traditionnel « Salongo », travaux communautaires visant à maintenir la propreté chaque samedi, est devenu inefficace. Plusieurs commerçants dénoncent un système détourné au profit d’extorsions. « Certains policiers passent et exigent 500 francs. Une fois payé, vous êtes tranquille pour vendre, mais le marché reste sale », explique un vendeur.
Cette dégradation a un impact direct sur l’économie locale. Les clients, rebutés par la saleté et l’accès difficile, préfèrent s’approvisionner ailleurs. Le chiffre d’affaires s’effondre et le moral des commerçants est au plus bas.
Face à cette situation, les acteurs du marché lancent un appel urgent aux autorités. Ils réclament des travaux de plomberie pour réparer les conduites défectueuses, un service régulier de ramassage des déchets et le rétablissement d’un Salongo efficace. Sans intervention rapide, ils craignent que ce carrefour vital de Bumbu ne disparaisse totalement.
Pour les habitants et les commerçants, le marché Selembao n’est pas seulement un lieu d’échanges économiques. C’est aussi un espace social essentiel, un repère pour la communauté et un symbole de la vie locale. La laisser sombrer dans l’insalubrité, disent-ils, serait une perte irréparable pour le tissu économique et social de la commune.
À l’heure où Kinshasa cherche à moderniser ses infrastructures et à renforcer la sécurité alimentaire et commerciale, la situation du marché Selembao constitue un signal d’alerte. Elle illustre combien l’entretien des espaces publics et la régulation du secteur informel restent des défis majeurs pour la capitale congolaise.
Le temps presse. Les commerçants espèrent que les autorités entendront leur cri avant que le marché Selembao ne devienne qu’un souvenir.





























