Le Bénin accélère et cette fois, l’offensive est ciblée. Les petites et moyennes entreprises sont au cœur de la stratégie. Le gouvernement annonce une enveloppe de 7,7 milliards de francs CFA, soit environ 13,5 millions de dollars, destinée à soutenir 365 PME à travers le pays.
L’annonce marque une nouvelle étape dans le déploiement du Support Project for Entrepreneurship in Benin (PAEB). Un programme qui prend de l’ampleur. Et qui change d’échelle.
Sur le terrain, les attentes sont fortes. Les PME constituent l’ossature de l’économie béninoise. Elles représentent plus de 90 % des entreprises. Elles créent l’essentiel des emplois. Mais elles avancent souvent avec des moyens limités.
« Le défi est simple : transformer ce potentiel en croissance réelle », explique un expert du secteur privé à Cotonou.
Car derrière cette dynamique, les obstacles restent nombreux. Accès au crédit difficile. Marchés parfois fermés. Manque d’accompagnement technique. Beaucoup d’entrepreneurs naviguent à vue. Ils innovent, mais sans filet de sécurité.
C’est précisément là que le programme intervient. Piloté par l’Agence de développement des petites entreprises, avec le soutien de l’Agence française de développement et de l’Union européenne, le PAEB propose une approche complète.
Pas seulement du financement. Mais aussi de la formation. Du mentorat. Un appui technique. Et surtout, une mise en relation avec des marchés plus larges.
« Nous voulons aller au-delà du soutien classique », insiste Marlène Houssou, coordinatrice du programme. « L’idée est d’accompagner les entreprises sur toute la chaîne de valeur. »
Le ton est clair. L’ambition aussi.
Dans cette nouvelle cohorte, un accent particulier est mis sur l’inclusion. Les autorités visent 40 % d’entreprises dirigées par des femmes. Un choix assumé. Dans un contexte où les entrepreneures rencontrent plus de barrières que leurs homologues masculins, cette orientation vise à rééquilibrer les opportunités.
« Soutenir les femmes, c’est investir dans toute l’économie », résume une responsable d’ONG locale.
Autre priorité : la couverture territoriale. Le programme ne veut plus se limiter aux grandes villes. Il entend toucher les zones rurales. Les régions éloignées. Là où le potentiel est souvent sous-exploité.
Ce financement s’inscrit dans une stratégie plus large. Le Bénin a lancé un plan 2024–2029 pour structurer son écosystème entrepreneurial. L’objectif est clair : rendre les PME plus compétitives, plus résilientes et mieux intégrées dans l’économie formelle.
Les premières phases du programme offrent des signaux encourageants. Lors du lancement initial, 160 PME ont bénéficié d’un accompagnement. Parmi elles, 46 entreprises dirigées par des femmes. Plus de 3,3 milliards de francs CFA ont été mobilisés.
« C’était une phase test. Aujourd’hui, on passe à une étape supérieure », confie un cadre impliqué dans le projet.
Le budget global du programme dépasse désormais les 32 millions d’euros sur plusieurs années. Une montée en puissance progressive, mais structurée.
Au-delà des chiffres, c’est une vision qui se dessine. Celle d’un tissu économique plus solide. Moins dépendant. Plus diversifié.
Les analystes restent prudents, mais optimistes. « Si les fonds sont bien utilisés et les réformes suivies, l’impact peut être significatif », estime un économiste basé en Afrique de l’Ouest.
Car les enjeux sont multiples. Création d’emplois. Réduction de la pauvreté. Développement régional. Les PME sont au croisement de toutes ces dynamiques.
Dans un contexte où l’accès au financement reste un défi majeur en Afrique de l’Ouest, cette initiative pourrait servir de modèle. Elle montre qu’une combinaison de soutien financier et d’accompagnement technique peut produire des résultats concrets.
À Cotonou, le message est clair : il ne s’agit plus seulement d’aider les PME à survivre. Il faut les aider à grandir. À conquérir de nouveaux marchés. À s’imposer dans une économie de plus en plus compétitive et digitalisée.
Reste une question. Cette impulsion sera-t-elle suffisante pour transformer durablement le paysage entrepreneurial béninois ?
Pour l’instant, une chose est sûre. Le pays mise gros sur ses entrepreneurs et il semble déterminé à leur donner les moyens de réussir.





























