À Uvira, ville stratégique du littoral du lac Tanganyika, la vie reprend progressivement. La frontière entre la République Démocratique du Congo et le Burundi a rouvert ce lundi 23 février après plus de deux mois de fermeture. Cette décision met fin à une période d’isolement pour des milliers d’habitants.
La fermeture du poste frontalier faisait suite à la prise de la ville d’Uvira par l’AFC/M23 en décembre, dans un contexte sécuritaire tendu. Dès les premières heures de la réouverture, une foule s’est amassée aux postes de Kavimvira, côté congolais, et de Gatumba, côté burundais. Commerçants, transporteurs et familles séparées par la crise ont franchi la barrière, visiblement soulagés. Les motos-taxis ont repris leurs activités et le commerce transfrontalier a redémarré.
Dalili Mussa, un citoyen congolais coincé au Burundi durant la fermeture, a exprimé sa joie : “Cela faisait longtemps que nous cherchions comment rentrer chez nous.” De nombreuses familles avaient fui l’insécurité vers le Burundi.
L’avancée des rebelles avait entraîné un afflux de réfugiés congolais. La réouverture de la frontière offre désormais une chance de retour progressif. Aline Safi, réfugiée congolaise, se remémore la panique qu’elle a vécue : “Nous avons fui pour protéger nos enfants.” Maintenant de retour, elle espère reconstruire sa vie.
L’économie locale a été sérieusement touchée pendant la fermeture, avec une flambée des prix et une perte de revenus. Bosco Amani, un commerçant, se réjouit également : “L’ouverture de la frontière est une grande joie pour tous les habitants d’Uvira.”
Annoncée par le gouverneur du Sud-Kivu, cette réouverture représente un tournant symbolique et économique. Cependant, les habitants demeurent prudents. Les cicatrices des récents affrontements sont encore visibles. Pour beaucoup, il est crucial que la frontière reste ouverte et que les autorités garantissent la sécurité et la libre circulation. À Uvira, un espoir renaît avec le retour à la normalité.






























