À partir du 1er mai 2026, la Chine prévoit d’accorder un traitement tarifaire nul à la quasi-totalité des exportations africaines vers son marché, couvrant 53 pays (tous sauf l’Eswatini). Cette décision, annoncée dans le cadre du renforcement des relations économiques sino-africaines, vise à faciliter l’accès des produits africains à la deuxième économie mondiale et à consolider le rôle de Pékin comme partenaire privilégié du continent.
Pour les économies africaines, l’exonération douanière ouvre des perspectives concrètes d’expansion commerciale. En réduisant les coûts d’entrée sur le marché chinois, elle peut accroître la compétitivité des exportations agricoles, minières et manufacturières africaines. La Chine étant le premier partenaire commercial de l’Afrique depuis 2009, cette mesure pourrait contribuer à rééquilibrer une relation historiquement marquée par un déficit commercial africain important.
Cependant, les bénéfices dépendront de la capacité des pays africains à diversifier leur offre exportable et à monter en gamme. Les analyses soulignent que les exportations africaines vers la Chine restent dominées par les matières premières et que peu de produits industriels africains sont actuellement compétitifs sur ce marché. Sans stratégie industrielle et logistique renforcée, le gain économique pourrait donc rester limité malgré l’ouverture tarifaire.
Au-delà du commerce, l’initiative possède une forte dimension géopolitique. Pékin se positionne comme champion du libre-échange dans un contexte de tensions commerciales mondiales, notamment avec les États-Unis, tout en consolidant son influence économique en Afrique. Pour les États africains, l’enjeu sera de transformer cet avantage tarifaire en levier de développement, en stimulant l’industrialisation et l’intégration régionale afin que l’accès privilégié au marché chinois se traduise par des gains durables.






























