Le débat sur une éventuelle réforme de la Constitution ravive des fractures au sein de la majorité présidentielle en RDC. La récente prise de position de Modeste Bahati Lukwebo ne fait pas l’unanimité dans les rangs de l’Union sacrée de la nation.
Face à la presse à Kinshasa, le président de l’AFDC-A et deuxième vice-président du Sénat a affirmé son attachement strict au respect de la Constitution en vigueur. Selon lui, le chef de l’État dispose d’un mandat courant jusqu’en 2028 et le débat sur une modification des textes fondamentaux ne constitue pas une priorité immédiate. Il a défendu une posture légaliste, insistant sur la stabilité institutionnelle.
Ces déclarations ont suscité une réaction immédiate d’Idrissa Afani Mangala, président du groupe parlementaire UDPS au Sénat. L’élu a dénoncé ce qu’il qualifie d’« approche toxique », estimant que cette sortie fragilise la cohésion de la plateforme présidentielle dans un contexte sécuritaire délicat.
Pour Afani Mangala, remettre en question l’opportunité d’une réforme constitutionnelle à ce stade pourrait affaiblir la ligne politique portée par Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il rappelle que le chef de l’État a, à plusieurs reprises fin 2024, évoqué la possibilité d’adapter la Constitution afin de mieux répondre aux défis sécuritaires et institutionnels du pays. Le président avait notamment précisé qu’il ne s’agissait pas d’ouvrir la voie à un troisième mandat, mais de renforcer les mécanismes de protection nationale, voire de consulter le peuple par référendum.
Dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est et les tensions diplomatiques régionales, l’ancien gouverneur du Maniema estime que les partenaires de l’Union sacrée doivent faire preuve d’unité et de discipline. Il avertit que des mesures politiques pourraient être envisagées pour préserver la cohésion et l’image de la majorité.
Cet échange public illustre les divergences stratégiques au sein de la coalition au pouvoir. Entre prudence institutionnelle et volonté de réforme, la question constitutionnelle devient un marqueur politique majeur. Elle révèle aussi les équilibres fragiles d’une alliance confrontée à des défis sécuritaires et diplomatiques complexes.
Le débat est désormais ouvert. Reste à savoir s’il sera tranché par le Parlement, par un consensus politique ou par la voie référendaire.






























