La scène politique congolaise connaît une nouvelle zone de turbulence à l’approche de la rentrée parlementaire. Le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, est désormais au centre d’une controverse qui pourrait menacer sa présence au bureau de la chambre haute.
Une pétition visant sa destitution circule actuellement parmi les sénateurs. L’initiative est portée par Dany Kabongo Bondanya. Elle intervient seulement un jour après une déclaration publique du leader de l’AFDC-A sur la question sensible de la révision constitutionnelle.
Lors d’une conférence de presse à Kinshasa, Bahati Lukwebo a exprimé une position claire. Selon lui, la Constitution actuelle ne constitue pas un obstacle au développement du pays. Il estime que le véritable problème réside plutôt dans la manière dont les textes sont appliqués par les dirigeants. Pour l’ancien ministre, ouvrir un débat sur la modification de la loi fondamentale serait donc un « faux problème ». Il a invité la classe politique à se concentrer davantage sur les préoccupations concrètes de la population.
Cette prise de position a rapidement suscité des réactions au sein de la majorité présidentielle. Plusieurs responsables de l’Union sacrée de la nation considèrent que ces propos s’écartent de la ligne politique soutenue par le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Le sénateur Dany Kabongo Bondanya reproche notamment à Bahati Lukwebo d’avoir tenu des déclarations jugées inappropriées pour un responsable occupant à la fois une fonction institutionnelle importante et un rôle politique au sein de la coalition présidentielle. Selon lui, une telle prise de position aurait dû faire l’objet d’une concertation préalable avec la hiérarchie politique de l’Union sacrée.
Dans plusieurs interventions relayées sur les réseaux sociaux, l’initiateur de la pétition affirme que ces propos traduisent un manque de considération envers l’autorité politique de la majorité. Il dit poursuivre ses démarches pour obtenir le départ de Bahati Lukwebo du bureau du Sénat.
La controverse ne s’arrête pas là. D’autres figures de la majorité, dont Déo Bizibu, ont également exprimé leurs réserves. Ils estiment que la sortie médiatique du sénateur pourrait fragiliser la cohésion de la coalition au pouvoir.
Cette affaire intervient dans un climat politique déjà marqué par de vifs débats sur l’avenir institutionnel du pays. Entre loyauté politique, liberté d’opinion et discipline au sein de la majorité, la situation de Modeste Bahati Lukwebo semble désormais suspendue à l’évolution des rapports de force au Sénat.






























