La fonderie de cuivre Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, s’impose comme un projet industriel majeur pour le pays et l’Afrique. Avec une capacité de production de 500 000 tonnes par an, elle est aujourd’hui la plus grande fonderie de cuivre du continent. La joint-venture Kamoa Copper, détenue à près de 40 % par le canadien Ivanhoe Mines, a récemment exporté ses premières anodes via le corridor de Lobito, marquant le début de sa phase opérationnelle.
Selon Olivier Binyingo, président du conseil d’administration de Kamoa Copper, la fonderie représente un investissement de 1,3 milliard de dollars. « C’est une opportunité et une responsabilité », souligne-t-il. Une opportunité économique, car le passage du concentré aux anodes réduit de moitié les volumes transportés et donc les coûts logistiques. Mais aussi une opportunité environnementale : la fonderie utilise une technologie de pointe, limitant les émissions de gaz à effet de serre et réduisant l’impact du transport.
Ce projet s’inscrit également dans la stratégie nationale de la RDC. Le gouvernement cherche à créer davantage de valeur sur le territoire, plutôt que d’exporter des matières premières à faible valeur ajoutée. L’approche vise à développer des emplois locaux, renforcer l’économie et favoriser une industrialisation durable.
La fonderie emploie aujourd’hui environ 1 000 personnes, dont 90 % sont des Congolais formés pour opérer cet équipement de dernière génération. À l’échelle du projet Kamoa Copper, ce sont 7 000 emplois directs et 10 000 emplois indirects qui ont été générés, avec des investissements significatifs dans les communautés voisines.
Sur le plan logistique, l’utilisation du corridor de Lobito est stratégique. C’est le plus court et économique pour atteindre l’océan Atlantique, tout en réduisant les émissions de CO₂ liées au transport. Kamoa Copper a commencé avec des volumes de 50 000 à 70 000 tonnes, mais cette proportion pourrait évoluer selon la capacité du corridor et les choix des acheteurs. Les principaux clients actuels sont chinois, mais la RDC reste ouverte à d’autres marchés, notamment américains.
Le succès de Kamoa-Kakula repose sur une planification minutieuse et des partenariats stratégiques. La centrale hydroélectrique de Mwadingusha et la turbine 5 de Inga 2 assurent un approvisionnement fiable en électricité pour le site. Le projet a été développé par étapes : les revenus des premières phases ont financé la construction de la fonderie, limitant les risques financiers.
Kamoa-Kakula n’est pas seulement un site industriel. C’est un symbole de responsabilité économique, sociale et environnementale, et un modèle pour le secteur minier congolais.






























