À quatre ans de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’FIFA, la question des chiens errants et de la rage refait surface avec une intensité nouvelle. À Sheffield, au Royaume-Uni, une enquête judiciaire examine la mort d’Yvonne Ford, touriste britannique décédée en 2025 après avoir été griffée par un chiot lors d’un séjour au Maroc. Une blessure jugée anodine. Aucun traitement post-exposition. Quelques mois plus tard, des symptômes neurologiques. Puis la mort. La rage est fatale une fois déclarée.
Ce drame relance l’alerte internationale. Le Maroc enregistre en moyenne une vingtaine de décès humains liés à la rage chaque année. Les autorités sanitaires recensent aussi près de 100 000 morsures de chiens par an. Dans les grandes villes comme Casablanca, Marrakech ou Agadir, la prolifération canine alimente l’inquiétude, d’autant plus que des cas similaires ont touché d’autres touristes européens ces dernières années.
Sous pression, le gouvernement affirme privilégier la méthode TNVR : capturer, stériliser, vacciner, relâcher , recommandée par l’Organisation mondiale de la santé. Cette approche vise à stabiliser durablement les populations canines et à réduire la transmission du virus. Officiellement adoptée depuis 2019, elle peine toutefois à être appliquée uniformément sur le terrain. Des ONG dénoncent encore des abattages ponctuels et des dérives locales.
À l’approche du Mondial, l’enjeu dépasse la santé publique. Il touche à l’image du pays. Le Maroc doit garantir la sécurité sanitaire de millions de visiteurs sans céder à des politiques brutales qui susciteraient un tollé international.
La Coupe du monde peut devenir un accélérateur de réforme. Ou un révélateur de fragilités. Entre exigence sanitaire, respect du bien-être animal et réputation mondiale, le royaume joue une partie décisive. Le compte à rebours est lancé.






























