Une intervention des agents du contrôle technique a provoqué une vive émotion à Kinshasa. Lundi 2 mars, sur l’avenue Poids-Lourds, dans la commune de Limete, un corbillard transportant une dépouille a été stoppé net en pleine circulation.
Selon plusieurs témoins, les agents ont procédé au dégonflage des pneus du véhicule funéraire, l’immobilisant immédiatement sur la chaussée. La scène s’est déroulée entre les arrêts « TP » et « IVECO », un axe très fréquenté de la capitale congolaise.
Le véhicule, une Mercedes affectée au transport funéraire, aurait été intercepté pour défaut de conformité administrative. D’après les informations recueillies sur place, les documents techniques exigés par les autorités urbaines n’étaient pas en règle. Depuis plusieurs semaines, des équipes sillonnent la ville afin de vérifier systématiquement les papiers des conducteurs.
Mais la nature particulière de la mission du véhicule a choqué. Le cercueil, visible à l’intérieur du corbillard désormais posé sur ses jantes, a attiré l’attention des passants. Rapidement, une foule s’est formée autour de la scène. Beaucoup ont dénoncé une mesure jugée excessive et indigne.
Pour certains témoins, l’application stricte des règles administratives ne devrait pas primer sur le respect dû aux morts. « Il y a des circonstances où l’on doit faire preuve d’humanité », a estimé un habitant présent au moment des faits. Selon lui, laisser un corps bloqué en pleine voie publique pour une question de documents constitue une humiliation pour la famille endeuillée.
L’incident a ravivé un débat plus large sur les pratiques de contrôle routier dans la capitale. De nombreux Kinois plaident pour un traitement spécifique des véhicules d’urgence. Les ambulances, les transports de malades et les corbillards devraient, selon eux, bénéficier d’une procédure adaptée, même en cas d’infraction constatée.
Au micro de Radio Okapi, plusieurs riverains ont exprimé leur colère. Ils réclament une meilleure formation éthique des agents et dénoncent des excès de zèle qui ternissent l’image de l’administration. L’objectif, affirment-ils, n’est pas de remettre en cause la loi, mais d’en humaniser l’application.
À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée. Les responsables provinciaux des transports ne se sont pas encore prononcés. En attendant des explications, l’affaire continue d’alimenter les discussions dans la capitale.
Pendant plusieurs heures, le corbillard est resté immobilisé, offrant aux usagers de cette artère stratégique un spectacle inhabituel et profondément troublant.






























