À Kikwit, l’impatience a laissé place au scepticisme. Le lancement du courant électrique issu du barrage de Kakobola, longtemps présenté comme la clé du décollage économique du Kwilu, tarde à se concrétiser. Les promesses répétées des autorités n’ont, jusqu’ici, pas été suivies d’effet.
Sur le plan technique pourtant, le projet est quasiment achevé. Les équipes sur site évoquent un taux d’exécution estimé à 99 %. La centrale, d’une capacité de 10,5 mégawatts, est destinée à alimenter Kikwit ainsi que les territoires de Gungu et d’Idiofa. En théorie, rien n’empêche la mise en service.
Le blocage serait d’ordre financier. La cellule en charge des centrales de Katende et Kakobola accuserait plusieurs mois d’arriérés de fonctionnement. Des prestataires impliqués dans la maintenance, l’ingénierie et le transport des lignes à haute tension attendraient encore le règlement de certaines factures. Cette situation ralentit les dernières étapes administratives et logistiques.
Autre inconnue : la société appelée à assurer la distribution de l’électricité n’a toujours pas été officiellement désignée. Ce silence nourrit les interrogations.
Dans la ville, le sujet est devenu sensible. De nombreux habitants refusent désormais de commenter. Certains commerçants affirment avoir reporté des investissements en attendant l’arrivée du courant. La société civile locale estime que l’électrification est indispensable pour stimuler l’industrie, l’artisanat et les services.
Du côté politique, les avis divergent. Si certains dénoncent une promesse récurrente réactivée à l’approche de grands rendez-vous officiels, d’autres restent confiants et assurent que la mise en service interviendra prochainement.
En attendant, Kikwit continue de patienter. Pour beaucoup, l’électricité de Kakobola représente plus qu’un simple confort. Elle incarne l’espoir d’un véritable tournant économique pour toute la région.





























