Une nouvelle attaque aérienne a secoué la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo. Survenue à l’aube ce mercredi, l’opération, attribuée à des drones, a provoqué la mort de plusieurs personnes et ravivé les craintes d’une escalade militaire dans une région déjà fragilisée par des mois d’affrontements.
Les explosions ont été signalées peu après quatre heures du matin dans différents secteurs du centre-ville. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les détonations ont été entendues notamment dans le quartier résidentiel de Katindo, une zone située non loin du lac Kivu et à proximité de la résidence de l’ancien président congolais Joseph Kabila.
D’après les premières informations, un appareil sans pilote aurait largué deux charges explosives. L’une serait tombée dans les eaux du lac Kivu. L’autre aurait frappé une résidence habitée et louée par des organisations internationales. Cette seconde explosion a causé des pertes humaines et des dégâts matériels importants.
Parmi les victimes figure Karine Buisset, une ressortissante française employée par l’UNICEF. L’organisation des Nations unies s’est dite profondément bouleversée par la mort de sa collaboratrice, engagée dans des programmes humanitaires destinés à soutenir les populations vulnérables de la région.
Plusieurs habitants du quartier affirment que la zone visée est essentiellement résidentielle. Certains se demandent pourquoi un site fréquenté par des organisations internationales a été touché. Les Nations unies ont condamné ce qu’elles qualifient d’escalade de la violence, soulignant que des civils ont également été tués et que des habitations ont été endommagées.
Selon la mission onusienne présente dans le pays, l’attaque aurait fait au moins trois morts, un bilan susceptible d’évoluer.
La responsabilité de la frappe reste toutefois au cœur d’une controverse. Le mouvement rebelle AFC/M23, qui contrôle actuellement la ville de Goma et plusieurs zones stratégiques dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, accuse les Forces armées de la République démocratique du Congo d’avoir mené l’opération.
À ce stade, les autorités de Kinshasa n’ont pas officiellement réagi à ces accusations.
Au-delà de la polémique, cet épisode met en lumière une évolution importante dans la conduite du conflit dans l’est du Congo : l’utilisation croissante des drones. Ces appareils sont désormais devenus un outil militaire utilisé par plusieurs acteurs impliqués dans la guerre.
Selon des analystes spécialisés dans l’observation des conflits armés, trois types de drones sont actuellement utilisés dans la région. Les premiers sont des drones de combat capables de transporter des missiles ou des bombes guidées. L’armée congolaise disposerait notamment d’appareils de fabrication chinoise CH-4 et de drones turcs Bayraktar TB2.
Une deuxième catégorie comprend les drones dits « kamikazes », des appareils conçus pour s’écraser directement sur une cible en provoquant une explosion. Moins coûteux, ils sont de plus en plus utilisés dans les zones de combat.
Enfin, certains groupes armés emploient également des drones commerciaux modifiés. Ces appareils civils peuvent être adaptés pour larguer de petites charges explosives ou mener des attaques improvisées.
Dans une ville déjà marquée par des mois de tensions et d’affrontements, cette nouvelle attaque renforce l’inquiétude de la population. Pour de nombreux habitants de Goma, la multiplication des frappes de drones pourrait annoncer une nouvelle phase du conflit, plus imprévisible et potentiellement plus meurtrière.





























