La filière cacao ivoirienne traverse une zone de fortes turbulences. Le gouvernement a annoncé, mercredi 4 mars à Abidjan, une baisse significative du prix d’achat du kilogramme pour la campagne intermédiaire. Le tarif est désormais fixé à 1 200 francs CFA, contre 2 800 francs CFA lors de la campagne principale précédente.
L’annonce a été faite par le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, lors d’une conférence de presse. Le ton était grave. Il a reconnu une décision difficile, rendue nécessaire par l’évolution défavorable des marchés internationaux.
En un an, les cours mondiaux du cacao ont reculé d’environ 60 %. Cette correction brutale a fragilisé l’équilibre financier de la filière. Le prix record de 2 800 FCFA, salué à l’époque comme historique, n’est plus soutenable dans le contexte actuel. Le mécanisme ivoirien de fixation du prix repose en grande partie sur les recettes attendues à l’exportation. Lorsque les marchés se retournent, la marge de manœuvre budgétaire se réduit fortement.
Pour de nombreux planteurs, le choc est rude. Certains évoquent déjà des tensions de trésorerie. D’autres signalent des retards de paiement pour des volumes livrés ces derniers mois. Le Conseil Café-Cacao assure toutefois que les stocks accumulés seront progressivement écoulés et que la commercialisation reprendra à un rythme normal.
Des économistes estiment que cette décision était inévitable. Maintenir artificiellement un prix élevé aurait exigé des ressources publiques considérables, avec un risque pour la soutenabilité des finances de l’État. La nouvelle grille tarifaire vise donc à réaligner le prix bord champ sur la réalité du marché mondial.
Mais les conséquences pourraient dépasser le court terme. La flambée passée des prix avait ravivé l’intérêt pour la culture du cacao. Elle avait encouragé l’entretien des plantations et amorcé un mouvement de replantation, crucial pour la productivité future. La baisse actuelle pourrait freiner ces dynamiques.
La Côte d’Ivoire demeure le premier producteur mondial de cacao. Sa dépendance à cette matière première l’expose fortement aux fluctuations internationales. Cette séquence rappelle l’urgence de la diversification agricole et de la transformation locale, afin de réduire la vulnérabilité de l’économie aux cycles des matières premières.






























