Le lieutenant-général Philémon Yav Irung se trouve au cœur d’un procès devant la Haute Cour militaire. Dans ce cadre, l’armée a requis l’expertise du Conseil national de cyberdéfense (CNC) pour analyser ses téléphones portables et ses cartes SIM. Cette décision vise à déceler tout message ou élément lié à l’accusation de trahison portée contre Yav.
Le porte-parole de l’armée a souligné que la mission du CNC est de fournir des éclaircissements sur les éléments de preuve. L’objectif est d’assurer un examen minutieux du contenu des appareils saisis. Toutefois, la défense de Yav a demandé une contre-expertise, affirmant qu’elle n’a pas confiance dans le CNC, surtout avec son ancien directeur impliqué dans les circonstances de son arrestation.
Les avocats du prévenu ont accepté le transfert des appareils, mais ils veulent s’assurer qu’ils peuvent nommer leurs propres experts pour participer à l’analyse. Ils estiment qu’il est crucial de garantir l’objectivité de l’expertise. De plus, ils expriment des réserves sur le fait que le travail des experts du CNC ne soit pas effectué lors d’une audience publique, ce qui complique la transparence du processus.
Les avocats ont plaidé pour que leurs experts examinent l’état des téléphones avant leur transfert, afin de mettre en place un constat préalable. Ce constat leur permettra de comparer les données après l’analyse. Ils insistent sur la nécessité d’une approche impartiale, arguant que la défense doit avoir la possibilité de surveiller le processus de près.
Le lieutenant-général Yav est accusé d’avoir eu des contacts avec James Kabarebe, un haut responsable de l’armée rwandaise. Depuis sa réaffectation en 2020 dans l’est de la RDC, où il commandait une zone stratégique des Forces armées, Yav fait l’objet d’une attention soutenue.
Le procès survient près de trois ans après son arrestation en septembre 2022. Tout au long des audiences, la preuve matérielle citée par l’accusation, qui devrait étayer l’infraction de trahison, n’a pas encore été présentée devant la Haute Cour militaire. Les développements de cette affaire attirent l’attention sur les défis de la justice militaire en RDC, alors que la défense continue de se battre pour assurer un procès équitable.






























